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| Un Gala d'ambre et de citron | |||
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Bienfaiteur du WHP ![]() ![]() 2e année
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Titre : Un Gala d'ambre et de citron
Créé : 29/12/2024 à 15:40:40
Passées les hautes grilles recouvertes de feuilles d’or, passés les jardins à la Français, l’on longe le sentier du Domaine des Parlambre pour pénétrer dans le Manoir.
Tout en longueur plus qu’en largeur, haut de quatre étages pour mieux dissimuler ce que le reste du Domaine contient, il est l’unique lieu accessible à la plupart des invités des Parlambre. De fait, il en est également la façade : un immense hall à l’escalier central de marbre blanc, une splendide salle de bal avec balcon où les Parlambre font toutes leurs arrivées... Et bien sûr, la construction basique des Nobles Anglais. Une vitrine parfaite que Lemony connaît par cœur. Et qu’il déteste. Tant qu’à faire. Manque de chance pour Emerald : il s’agit des vacances de Printemps et elle a décidé de rentrer dans sa famille ; l’aînée de Lemony est donc de corvée également. Manque de chance pour leurs cousins, leurs parents ont décidé de s’offrir un week-end hors du Domaine, et eux aussi doivent vivre trois jours dans le Manoir. En bref, Jade et son époux ont organisé un Gala des Enfants, afin de lui créer un réseau convenable parmi les Sangs-Purs, auquel se sont empressés de candidater nombres de familles Sang-Purs, qu’elles soient ou non des intimes des Parlambres, qu’elles partagent ou non leur positionnement politique. *Les prochaines heures vont être écrasantes de pression.* Ces Galas sont une excellente occasion pour les Sangs-Purs de grimper de quelques échelons, sous couvert d’amener leurs progénitures à sociabiliser avec leurs futurs pairs. Le plus triste , songe Lemony en regardant Quartz, terriblement sérieux dans son costume or aux pointes de rouge, est que ces bals sont véritablement censés nous faire sociabiliser. Combien d’enfants n’ont jamais parlé à d’autres personnes qu’aux membres de leur famille ? Combien ont vécu en autarcie, combien ne sont jamais véritablement sortis de chez eux ? Son cousin n’a que sept ans, il ne devrait pas pouvoir être mêlé aux préadolescents qui vont recevoir leur lettre pour Poudlard durant l’été. L’exigence vient d’Onyx. Et il est vrai que Quartz n’est jamais sorti du domaine. Pas une fois. L’idée fait tourner la tête de Lemony. Comment ne pas se sentir prisonnier ? Et comment fera-t-il à Poudlard ? A sept ans, Lemony accédait à de petits goûters, certes pas de la même ampleur que les Galas pré-Poudlard, mais il connaissait déjà bien les demeures de plusieurs autres Nobles sorciers, voire une exception Cracmolle. ***
Puisqu’Onyx n’est pas là, merci Morgane, la compétition n’existe plus, et les quatre enfants peuvent aspirer à une entrée classique sans jeux de sons et lumières attendant des applaudissements depuis le balcon. — Objectivement, ç’aurait été ruiner ta réputation, lance Aurum, aîné de Quartz. Tes parents en ont conscience. Nous avons beau être d’une lignée des plus pures, et d’un des titres de Noblesse les plus hauts… Nous ne sommes pas Héritiers à la Couronne ! — Estime-toi heureux que j’ai été là pour payer les pots cassés, siffle Emerald en les dépassant. Elle est très jolie, avec sa robe d’argent à la mousseline verte vaporeuse. Lemony se retourne, stupéfait par l’éclat inhabituel de sa sœur. A-t-elle eut droit à ce genre d’honneurs avant sa première année ? L’enfant soupire en se détournant. Il ne parvient pas à comprendre comment fonctionne son aînée, et encore moins ce qui se passe dans sa tête. — Comment suis-je ? demande-t-il à Aurum. Son cousin est le seul en qui il a confiance, le seul qui comprenne exactement le sens de ses questions, de ses réflexions. Le petit garçon le détaille de haut en bas, cherchant une faille, un indice. — Parfaitement lisse, répond-il. Et moi ? Son visage se transforme tandis qu’il sourit chaleureusement ; il donne l’impression à Lemony d’être exceptionnel, et ce doit être pareil pour tous ceux qui croisent son regard. — Entièrement avenant. — Eh bien, allons-y, cher cousin. Le ton emprunté révèle sans doute un peu trop d’ironie car le père de Lemony surgit devant eux et leur ordonne de cesser de sourire. Ce n’est pas la bonne stratégie pour Aurum : sans sourire, son visage paraît étroit, sa personnalité semble morne, ce qui est particulièrement dérangeant chez un enfant de neuf ans. Mais peut-être son père n’attendait-il qu’une excuse pour qu’aucune ombre soit faite à Lemony. ***
Les invités qui sont arrivés en avance se sont éparpillés dans la grande salle de bal. Tout est d’or ; l’architecture a été calculée afin que les reflets du soleil embellissent l’endroit à chaque instant. Lemony, Aurum, Emerald et Quartz font leur entrée avec pile une minute de retard, comme toujours, s’assurant ainsi d’être remarqués par tous. Lemony glisse un sourire social sur son masque puis commence à scanner la scène du week-end dans l’espoir de retrouver des figures connues. Ca et là, il repère des signes distinctifs de Familles. Emerald s’est déjà éclipsée vers des cibles précises. Aurum entraîne son frère vers les éléments les plus jeunes. Et Lemony se retrouve seul. Trop conscient de tout ce qui ne va pas, ses devoirs d’Héritier en tête, espérant à moitié que ce soit l’occasion où son Don se révélera. Il commence par saluer les enfants qu’il côtoie chaque fois ; ils échangent quelques nouvelles. Il prend le temps afin de ne froisser aucun ego, se souvenant toujours des noms et d’un détail sur la personne. Une jeune fille a eu un Abraxan après que les écuries de son Manoir aient été finies de rénover ; un garçon calcule les pourcentages d’atterrir dans telle ou telle maison. Lemony passe plusieurs minutes à en discuter avec lui : lui-même vient d’une lignée de Serpentards purs de par son père, descendant et ardent défenseur du statut du sang. Quant à sa mère, eh bien, il semble que la lignée des Parlambre vient de renaître avec elle, et elle a été répartie à Serpentard. Emerald également. Or, Lemony sait qu’il veut que sa répartition soit à propos de lui, et non des autres membres de sa famille. — Sais-tu comment ils nous répartissent ? s’enquiert-il auprès de l’autre enfant. Le secret est bien gardé. — Non, admet son interlocuteur en fronçant les sourcils. Peut-être que les Statues des fondateurs s’avancent vers nous s’ils nous trouvent dignes de leur maison. Ou bien nous devons passer un test afin d’éprouver notre bravoure, notre sagacité, notre loyauté et notre ruse, une épreuve par équipes de quatre ? Lemony sent son cœur s’accélérer. Il n’a aucune envie de dépendre d’autrui pour sa répartition. Quant à être Digne… Il prend une profonde inspiration. Il est digne, il est l’Héritier, et n’importe quelle maison serait extrêmement chanceuse de l’avoir comme membre. En balayant la salle du regard, il remarque de nouveaux visages. Il semblerait qu’il n’ai pas encore rencontré toute l’Aristocratie britannique jusqu’à présent. Le moment est venu de relever le défi. RP se déroulant dans l'année précédent la rentrée de septembre, avec Lemony Parlambre et Daphnée du Laurier. Si vous désirez participer, envoyez-nous un hibou ;) |
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Titre : Re : Un Gala d'ambre et de citron
Créé : 04/01/2025 à 14:42:21 - Modifié : 04/01/2025 à 14:54:14 C'est super, merci Lemony ^^
Cela faisait plusieurs jours que Daphné ne tenait plus en place. Elle allait se rendre avec ses grands-parents au Gala des Enfants organisé par la famille Parlambre. La fillette avait déjà participé à des soirées, mais rien de cette ampleur. Elle allait enfin faire son entrée dans le grand monde des sorciers de Sang-Pur, les seules personnes qui ont réellement de l'intérêt. Elle allait pouvoir se faire des amis, ou plus exactement chercher, trouver de futurs alliés de confiance qui lui seront utiles durant sa scolarité à Poudlard et dans l'avenir. Son père plaçait en elle beaucoup d'espoir, surtout depuis que Peter son frère aîné ne faisait pas les études aussi brillantes qu'espéré. C'était en partie pour cela que Daphné allait au Gala avec ses grands-parents. Ses parents avaient été convoqués dans l'école de magie de son frère afin de faire le point sur l'année scolaire à venir. La Matriarche avait fait réaliser une sublime robe bleu ciel rehaussée de fine broderie argentée. La fillette s'entraînait une dernière fois à danser pour ne pas se prendre les pieds dans sa robe. Il ne manquerait plus qu'elle se donne en spectacle lors du Gala. La honte absolue. On vint la chercher, il était temps de partir. C'est en sautillant qu'elle arriva et monta dans le carrosse. Elle fut tout de suite recadrée par la Matriarche. Elle avait beau être qu'une enfant, elle devait avant tout penser à l'honneur de la famille. Être digne, élégante et ne pas glousser. Le carrosse arriva enfin à destination. Daphné était émerveillée. Quel raffinement ! Tout était somptueux ! La fillette sursauta en entendant la canne de la Matriarche. Elle se rendit alors compte qu'elle avait la bouche ouverte et que ses yeux affichaient un regard de poisson frit. Une fois descendue du carrosse, Daphné lissa sa robe et passa les mains dans sa chevelure afin de vérifier qu'elle était parfaite, puis suivit ses grands-parents dans la salle de bal. La démarche de la fillette était souple, son port de tête presque royal et son regard hautain juste ce qu'il faut. Elle repéra un enfant qui devait être de son âge. Au vu de ses vêtements et surtout de sa posture, il devait s'agir de l'un des enfants Parlambre. Daphné fit une légère révérence à ses grands-parents et se dirigea vers sa proie. Car oui, Daphné n'était pas là que pour s'amuser. Bonjour ! Daphné DuLaurier. Dit-elle en insistant bien sur son nom de famille. La plume qu'elle avait dans les cheveux glissa, et la fillette la remit en place avec délicatesse en affichant un petit sourire en coin. Trouver du personnel efficace n'est pas évident de nos jours. Si l'on veut que certaines choses soient bien faites, il faut le faire soi-même. Tout ceci est navrant. Non ? |
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Titre : Re : Un Gala d'ambre et de citron
Créé : 09/01/2025 à 15:25:48 Oooh ça va être intéressant !
Il y a des regards qui lui sont adressés, parfois de front, une incitation de défi à venir parler à leur propriétaire, parfois agrémentés d'un petit signe de tête poli qui signifie "Bonjour. Nous parlerons lorsque nous aurons tous deux le temps." Lemony tente de classifier toutes ces informations, avec un léger mépris pour les auteurs de premiers. Être au centre du Gala signifie malheureusement être celui à qui tous voudront parler. Lemony n'est qu'un enfant, qui ne peut encore prétendre être parfait en étiquette, et c'est énormément de pression sur ses épaules. Une seule chose le protège : c'est (officiellement) lui qui décide qui trouve grâce à ses yeux ou non et nul n'osera venir se plaindre auprès de Jade que l'Héritier Parlambre n'a pas daigné adresser la parole à leur famille durant ce Gala. Elle leur rirait au nez, avec quelques piques concernant leur progéniture, vouée à faire des erreurs elle aussi. Les Parlambre ont beau être farouchement indépendants, Lemony prend soin de baiser la main de deux jeunes filles issues de familles avec qui ses parents ont des alliances importantes. — Nous parlerons plus tard, glisse-t-il avec un petit sourire entendu, empruntant à Aurum sa manie de regarder les autres au fond des yeux pour qu'elles se sentent uniques. L'une d'entre elle glousse, quoi que plutôt nerveusement, l'autre répond par un large sourire social. ***
L'enfant fait de son mieux pour s'éloigner sans leur tourner le dos, surveillant Aurum et Quartz du coin de l'oeil. Ceux-ci détaillent les adultes présents d'un oeil critique en échangeant certainement des informations. A ce moment-là, une jeune fille se plante avec assurance devant lui. — Bonjour. Daphnée du Laurier. Oh. Sait-elle qui il est? Quoi qu'il en soit, l'enfant sait parfaitement ce qu'il a à faire, et les informations sur la famille Du Laurier résonnent à ses oreilles. Famille Matriarchale. ***
"Bien, Lemony. Dans ce Gala des Enfants, il est quelques familles desquelles nous voulons nous approcher. Commençons par le cas des Du Laurier. Nous ne connaissons rien d'eux, pas même leur positionnement politique. Nous avons invité chacun de leurs enfants, y compris celle qui a l'âge d'Emerald. Nous n'avons pas eu de réponses détaillées. Puisque tu as la langue bien pendue – Jade lui avait jeté un regard équivoque, en référence aux quelques Galas d'adultes où il s'était fait remarquer– je te confie la mission de nous trouver quelques informations. Peu importe lesquelles, fils. – Mieux vaudrait en charger Aurum, était intervenu Onyx avec sa Langue d'Acier roulant dans leurs veines. Lemony pourrait avoir des scrupules... il est plus droit que toi." Avec le Don de son oncle, Lemony avait à la fois été piqué au vif tout en ressentant l'étrange chaleur sécurisée que ses paroles pouvaient procurer. ***
— Lemony Parlambre, déclare l'Héritier en récupérant avec douceur la main de Daphnée. Enchanté de vous rencontrer, Miss du Laurier. Vous êtes aussi belle que votre nom, ajoute-t-il en français. Ses lèvres effleurent la peau selon la bienséance enseignée en France. C'est, après tout, l'une des marques de fabrique Parlambre. —Trouver du personnel efficace n'est pas évident de nos jours. Si l'on veut que certaines choses soient bien faites, il faut le faire soi-même. Tout ceci est navrant. Non ? La petite fille fait allusion à sa coiffure dont une plume s'est détachée. Lemony garde son sourire, même si sa réaction aurait plutôt été de hausser un sourcil snob. Et donc, une minute à peine après avoir rencontrée une Du Laurier ainsi que sa famille le désirait, il se retrouve complètement à cours de mot, incapable de répondre à quelque chose d'une telle... superficialité. Ceci étant, il est habitué. Il se recule un petit peu pour l'observer. — Allons, vous êtes parfaite, Daphnée. Sourire. Même si il réalise que son ton est un peu trop froid. Oh, rien de glacial mais il aurait pu, disons, faire en sorte que ses mots soient du miel liquide. C'est ce qui est exigé de lui, après tout. Il décide de s'en sortir avec un petit sourire amusé et une remarque espiègle. — J'espère que par "tout ceci", c'est l'incapacité des domestiques qui est déplorée et non ce qui nous entoure ! Lui même est d'or vêtu, bien entendu, et c'est son Valet personnel qui s'en est chargé. Il est sensé savoir le faire seul, mais vu comme il reste toujours des plis et le temps qu'il passe à réussir se débrouiller avec la complexité des robes, pour les fêtes, on lui impose un adulte. — Nous avons plusieurs sortes de domestiques, ajoute-t-il. Nos elfes, bien sûr, mais aussi un staff sur le modèle de la royauté britannique. A choisir, c'est par un humain que je préfère être habillé. Les elfes ont l'ordre de le laisser se dépatouiller, déjà. Et puis... ils sont des créatures de servitude, et cela le met très mal à l'aise. Pas qu'il s'en ouvrira à qui que ce soit, jamais, ceci dit. |
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Titre : Re : Un Gala d'ambre et de citron
Créé : 15/01/2025 à 13:49:32 - Modifié : 15/01/2025 à 13:51:41 Oui, très intéressant ^^
Le jeune garçon se présenta à son tour. Il s'avisait bien de Lemony Parlambre. L'intuition de Daphné avait été bonne. Intérieurement elle se réjouit d'avoir trouvé celui qu'elle visait. Ses grands-parents lui avaient parlé de la famille Parlambre et la fillette était consciente de l'atout que Lemony pouvait représenter. Mais ses affaires d'adulte étaient compliquées et Daphnée avait peur de ne pas savoir manipuler le jeune garçon comme elle le souhaitait. Elle était loin d'avoir l'adresse de la Matriarche à ce jeu là. [ Parfait ! J'ai trouvé Lemony. Je dois rester calme. ] Mais lorsque le jeune Parlambre lui prit la main et lui adressa la parole en français, elle se mit à rougir et dut se faire violence afin de ne pas glousser. Daphné sentit le regard d'aigle de la Matriarche. Celle-ci observait la scène de loin, mais la fillette savait qu'elle n'avait pas le droit à l'erreur. Machinalement, elle se redressa et fit un petit sourire, tout en posant délicatement sa main libre sur sa joue, et répondit en français d'une voix faussement timide. Vous me flattez ! Cela est fort agréable d'entendre parler Français. Il est bien évident que je parle des Elfes de maison. La réputation de votre famille en matière d'organisation de Gala n'est plus à faire. Partout où je pose le regard, n'est qu'émerveillement et enchantement. Tout est fait pour mettre en valeur les vêtements et bijoux de chacun. D'ailleurs, je dois dire que de tous les jeunes gens présents au bal c'est sans nul doute vous qui êtes le plus élégant. Dit-elle avec un petit sourire en coin et en détournant légèrement le regard. Le cœur de la fillette battait fort. C'est que ce n'est pas simple de vouloir jouer dans la cour des grands. La Matriarche était à l'affût des moindres gestes de sa petite-fille. Lemony lui révéla que sa famille avait aussi du personnel humain. Ses parents n'avaient que des Elfes à leur service, mais ses grands-parents employaient des Sang-Mêlé. La Matriarche avait notamment une dame de confiance, qui avait fait un pacte de fidélité afin de s'assurer que les secrets ne seraient pas divulgués. Je dois dire que vous avez de la chance. À mon grand regret mes parents n'ont que des Elfes de maison et bien qu'ils soient serviables et en partie efficaces, je les trouve agaçants. Leur façon de parler me fait grincer les dents. Mais mes grands-parents ont eux aussi, des domestiques humains. Elle avait fini sa phrase avec une drôle de lueur dans les yeux. Daphné adorait aboyer des ordres et c'était bien plus drôle de le faire avec des domestiques sang-mêlé qu'avec les elfes. Le personnel de ses grands-parents la détestait. La fillette le savait, mais s'en amusait. Elle était une sang-pur et aimait faire comprendre aux autres qu'elle était supérieure à eux. Elle regarda autour d'elle, puis son regard alla se planter dans les yeux de Lemony. J'apprécie énormément ce genre de soirée où nous sommes entre personnes de même rang. Elle insista sur les derniers mots. J'avoue que me retrouver dans la même pièce que des sorciers né-Moldus ou même des sang-Mêlés me dérange. Les sang-Purs, son les garants de la vraie magie. Non ? Daphné s'était montrée directe, mais la fillette voulait connaître les opinions de Lemony. Elle cherchait un allié. Donc une personne qui pense comme elle. Si cela n'était pas le cas, elle pourrait toujours dire qu'elle plaisantait. Ce n'était pas un secret que l'une de ses tantes avait épousé un moldu et que par le fait sa cousine sang-mêlé étudiait à Poudlard. |
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Titre : Re : Un Gala d'ambre et de citron
Créé : 20/01/2025 à 19:14:49 Ca se précise
![]() L'intuition de Lemony était bonne : les joues de Daphnée rougissent lorsque ses lèvres se posent sur sa main. Elle semble prête à glousser mais se contrôle. Lemony note ces détails, qui en disent long. Les autres filles qu'il tente de charmer, en général, gloussent, parce que c'est une indication que le jeune homme a réussi son but, et fait une percée dans leur coeur. C'est un "Je suis intéressée pour une cour", mais sans prise de tête car elles ne se soucient pas d'avoir l'air stupides. Pour une raison que Lemony n'a jamais réussi à comprendre, glousser est un acte péjoratif uniquement attribué aux filles. Et... ça l'ennuie. Parce que c'est aussi un symbole d'amusement et de laisser aller. Ces jeunes filles profitent bien plus que lui du Gala. Ceci étant, lui est en mission. —Vous me flattez ! Cela est fort agréable d'entendre parler Français. Lemony lui offre un sourire plus franc : — N'est-ce pas? Je suis né en Angleterre, mais de par les Parlambre je possède la nationalité française, bien évidemment. L'enfant pose rituellement sa main sur son coeur en s'inclinant, comme chaque fois qu'il mentionne son héritage. — La France coule dans mes veines, et elle me manque régulièrement. Sa culture également, ainsi que ses paysages sans pareil. Heureusement, l'influence Française est partout sur notre domaine, ainsi que dans nos buffets, vous l'aurez remarqué. Et tandis que Daphnée fait l'éloge de la réception, l'enfant, tout en restant tourné vers son interlocutrice, récupère une assiette sur laquelle il pose deux petits pains chauds et dorés, de ceux que l'on trouve dans les grands restaurants de France, inégalés à ces yeux dans toute l'île. Il y pose également du beurre, ainsi que deux petits pains à l'ail. Des pastilles de menthe ont été prévues pour pallier à l'haleine que cela donne ; il suffit de manger sans s'en mettre sur les mains. Ni sur les vêtements car Morgane, la sauce à l'ail est grasse et coule bien trop facilement ! — Tenez, offre-t-il en tendant un pain chaud et doré à Daphnée. Il s'agit de mon accompagnement préféré. Voyez comme il est chaud ? Il utilise les manières délicates de ses poignets pour y insuffler douceur et attention, en une manoeuvre débutante de séduction. Et Daphnée répond au jeu de séduction, regard détourné, sourire timide, compliments sur son apparence. Lemony se sent grisé par ce début de cour, par le pouvoir qu'il se découvre. Il connaît la marche à suivre bien sûr. Renvoyer le compliment. Le seul souci, c'est que Lemony a pour principe de ne jamais mentir. Et que, malgré le fol espoir qui fait battre son coeur à toute allure, celui d'avoir un intérêt réel pour Daphnée du Laurier, il ne peut échapper à la vérité. Le jeu de séduction est grisant, et il n'a aucune envie d'y jouer avec un garçon. Après tout, il a été élevé écoeuré par ces inepties. Mais ce sont les garçons qui attirent son regard. Les amis d'Emerald, splendides dans leurs habits créés pour commencer la cour. Les enfants de onze ans comme lui, il s'efforce de ne pas les remarquer. Ils seront ensemble à Poudlard. ***
Lemony garde son regard rivé sur Daphnée, comme si il n'existait qu'elle au monde, comme si elle éclipsait le reste de la salle. Et en soit, eh bien... cela fonctionne. La jeune fille possède une présence indéniable, elle lui sert également d'ancre, et est le point central du Gala en cet instant. Lemony peut rester fidèle à ses principes. — Elégant est un terme que j'accepte avec joie, dit-il. Je pense que le plus charismatique doit être mon cousin Aurum. Une perche tendue. S'intéresse-t-elle à lui en particulier, ou à la branche d'Onyx également? Après tout, Aurum n'est son cadet que d'un an, et sa conversation est tout aussi prolixe et pertinente que celle de Lemony. — Vous éclipsez aisément le reste de la pièce, Daphnée. Le maintien altier des Du Laurier n'est plus à prouver. En effet, parmi les adultes présents, en lisière du Gala, il n'a pas été difficile de croiser le regard de leur matriarche. Lemony s'est incliné avec respect et galanterie devant cette femme qui, elle aussi, exude une puissance importante et un pouvoir égal à celui des Parlambre. Les Du Laurier sont à la recherche d'alliés, certes, mais ils peuvent s'en sortir seuls et gare à celui qui oserait en douter. — Daphnée, cela vous ennuierait-il que nous continuions la conversation en français? Je crains de froisser quelques egos, or blesser quelqu'un m'est impensable. Il sait quelles pressions sont exercées sur toutes les jeunes filles présentes ici. Toutes doivent chercher à lui plaire, attirer son attention, présenter parfois un potentiel de future épouse. Cela l'angoisse, bien qu'il dissimule la boule dans sa gorge de sourires aisés. Il n'est pas même encore entré à Poudlard! Ces sorcières sont maquillées pour être belles aux yeux des hommes, alors qu'elles ne sont que des petites filles et cela tord son estomac. Il sait que ce n'est pas sain. Il sait qu'il n'est pas en accord avec cette mascarade. La bonne nouvelle, c'est que Jade ne l'est pas plus, qu'elle n'a pas l'intention de signer un contrat de fiançailles pour son Héritier, et que ces familles viennent de tomber en disgrâce. Ceci étant, tous les enfant Parlambre savent que les grâces sont distribuées selon les besoins de la famille. Ils pourront aisément se faire réinviter selon leur utilité. Mais le français est une barrière importante : quoi qu'il dise à Daphnée ainsi, aucune rumeurs de cour entre les jeunes gens ne pourra provenir. Et la jeune fille sera peut-être plus à même de partager certains secrets. ***
De façon surprenante, la discussion triviales sur les domestiques bascule en politique. Daphnée déplore le manque de personnel humain tout en crachant sur les Elfes et Lemony doit prendre sur lui pour ne pas se crisper. Il mord dans son pain à l'ail afin d'avoir plus aisément contenance. Et il note dans son esprit : "Mépris inculte pour les créatures magiques." Les différentes formes de magie le fascinent. Il sait, de par ses lectures, que chaque race magique possède sa propre culture et ses propres capacités. Les Sorciers ne sont qu'une catégorie parmi tant d'autres. Et les Elfes possèdent des atouts extrêmement précieux. Aussi, doucement pour ne pas braquer la jeune fille, Lemony teste sa capacité d'ouverture:* — Les Elfes ont d'immenses qualités domestiques, néanmoins. Leur loyauté assure les Familles qui les possèdent de n'être jamais trahis. Ils gardent les secrets avec ferveur et en sont honorés. Dans les immenses domaines, la logistique humaine est inévitable ; cependant elles laissent place aux intrigues. Et aux risques d'inimitiés avec nos valets. Mais il est vrai que créer un lien avec un Elfe n'est pas simple, tout comme tenir une conversation avec eux. Pas à cause de leur maîtrise approximative de l'anglais, mais parce qu'ils ne s'autorisent pas à avoir des opinions propres. Ils ne font que renforcer les croyances de la famille qu'ils servent, ce qui revient à peu près à se parler à soi-même. Là où les Majordomes et Intendantes, par exemple, peuvent proposer un autre regard lors de problèmes qui semblent insolubles à leurs employeurs. Ceci étant, Daphnée n'a pas besoin de savoir exactement ce qui cause souci à Lemony concernant les Elfes. ***
— J'apprécie énormément ce genre de soirée où nous sommes entre personnes de même rang. — Moi aussi, sourit Lemony. Il est à l'aise avec ces codes qu'il connaît par coeur, certain de pouvoir avoir des conversations profondes plutôt que d'échanger des banalités, et le luxe qui l'entoure est non négligeable. — Ces soirées sont splendides, ajoute-t-il. Et elles coupent la solitude des familles sorcières. Nous, les enfants, nous voyons trop peu durant les dix premières années. J'aime profondément mes cousins, mais il arrive que nos discussions tournent en rond. Sans compter la nourriture exquise, les beaux habits et les démonstrations fascinantes de magie. Pour l'instant, ceci dit, Lemony reste prudent. Mais ces Galas, il les attend avec impatience. Si Quartz se satisfait entièrement de l'autarcie dans laquelle les Parlambre vivent, Lemony rêve de découvrir d'autres personnes, de rencontrer divers spécialistes dans toutes les professions existantes, et de nouer des liens amicaux forts. ***
Le regard de Daphnée est toujours plongé dans le sien, et cela lui prend tellement de concentration de le soutenir plutôt que de détourner les yeux parce qu'il y a trop de détails dans les prunelles de quelqu'un, et d'émotions qui y luisent, que l'enfant manque presque la phrase clef qui suit. —J'avoue que me retrouver dans la même pièce que des sorciers né-Moldus ou même des sang-Mêlés me dérange. Les sang-Purs, son les garants de la vraie magie. Non ? Une animosité vive le prend au corps. S'il maîtrisait le vent, celui-ci aurait repoussé Daphnée. Il note l'information, pourtant, encore. "Animosité inculte vis à vis des Nés-Moldus et Sang-Mêlés". Il hausse un sourcil avec un petit sourire en coin, comme si Daphnée avait oublié quelque chose. — Qu'en est-il des Moldus, et des Cracmols? Oh, Lemony a une légère obsession concernant les Cracmols et il ne supporte pas que ceux-ci soient systématiquement oubliés. Les Parlambre se tiennent aux côtés de ceux qui ne sont pas des Sangs-Purs, dans le sens où ils les considèrent tous entièrement comme des êtres humains. Mais s'il laisse son animosité déborder, s'il humilie Daphnée du Laurier, jamais Jade ne lui pardonnera, et une explosion mythique entre elle et Onyx risque de survenir. Lemony sourit donc doucement, et avale. On peut aisément croire que son silence est dû à l'impossibilité de parler la bouche pleine. Il essuie ensuite avec délicatesse ses mains sur une serviette en tissu couleur or pâle. L'enfant ressemble fortement à un dandy en cet instant. — Les Sangs-Purs sont les garants de notre magie, confirme-t-il. Notre éducation nous permet de veiller sur notre culture et sur notre monde. De par notre naissance, nous avons ce droit. Lui faut-il rebondir sur les énormités relativement, eh bien, racistes, que Daphnée vient de sortir? D'un côté, il se doute de la pression que subit la jeune fille. D'ailleurs, cette déclaration abrupte le trouble, parce qu’elle ne lui paraît pas stratégique. De l'autre, entre ses remarques un peu hautaines et son nez froncé envers les Elfes et les nés-moldus et Sang-Mêlés, c'est un portrait peu flatteur qui se dessine pour cette jeune fille. Pourtant, il doit absolument continuer cette conversation. Attendre de voir ce qu'elle pense des Moldus et des Cracmols. Se faire une idée de l'orientation politique. — Daphnée, murmure-t-il, son sourire disparu. Il est déçu, il doit l'admettre. Parler français, partager la même culture, et flirter étaient agréables. Comment faire fonctionner cette conversation ? Comment rattraper son désarroi un peu trop visible ? Comment creuser davantage ? Lemony se relaxe en avisant la plume et, prétendant, la remettre, utilise ses quelques secondes de répit à bon escient. — Faites attention à vos paroles, lui murmure-t-il à l'oreille. Toutes les opinions politiques sont représentées durant ces Galas. Après tout, ils sont pour les enfants, et non leurs familles. Il se recule et la gratifie d'un clin d'oeil, espérant que son souffle près de son oreille l'ait suffisamment déstabilisée pour lui faire oublier sa désapprobation initiale. — Voyez le jeune homme brun qui discute avec ma soeur aînée? Il est notoirement militant de la révélation en vue de collaborer avec les Moldus... En toute égalité. Il est Progressiste, et bien plus que ses parents. Sa rhétorique, dit-on, les a fait changer leurs opinions. Pourtant, il est le bienvenu aujourd'hui. Pourquoi ? Il ne prend aucun risque en dévoilant l'ami d'Emerald : cette relation de sa soeur a créé des remous dans leurs familles. Un dîner organisé pour récolter des fonds s'est d'ailleurs mal achevé. Il ne précise pas que ses parents ont actuellement le dit-ami et sa famille en grâce. Onyx et Jade sont extrêmement curieux. S'il est une chose qui ne peut leur être reprochée, c'est leur acharnement à comprendre chaque point de vue existant. |
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Titre : Re : Un Gala d'ambre et de citron
Créé : 26/01/2025 à 15:09:15 - Modifié : 26/01/2025 à 16:18:16 J'adore ce RP ^^
Le Gala commençait bien. Daphné était contente d'elle. Elle avait trouvé la personne qu'elle voulait et arrivait pas trop mal à suivre les enseignements de sa grand-mère, même si elle aurait voulu être plus libre dans ses réactions. Devoir toujours et encore être droite, se contrôler, cela n'était absolument pas évident lorsque l'on avait seulement onze ans. Mais en tant que DuLaurier, famille de sang-pur, elle n'avait pas le choix. Elle se dit que probablement que Lemony ressentait la même chose qu'elle. Alors qu'elle pensait à tout cela, Daphné fut quelque peu décontenancée par le sourire franc du jeune Parlambre. La jeune DuLaurier était tellement habituée aux mascarades et aux différents jeux de dupe que durant un instant elle baissa sa garde et offrit elle aussi un vrai sourire. Lemony était né en Angleterre, mais possédait la nationalité Française. Puis le jeune garçon lui parla de son amour pour la France, sa culture, sa gastronomie, ses paysages. Elle ne pouvait qu'être d'accord. Daphné aimait Londres, et le Chemin de Traverse était un endroit cher à son cœur. Mais la France... Difficile de ne pas aimer se perdre dans ses jardins ou déambuler dans ses magasins. Sa famille y était accueillie avec beaucoup de respect. Ses parents ne regardaient pas à la dépense afin que leur fille soit toujours élégante. Elle avait d'ailleurs parfois l'impression d'être un objet que l'on expose. Elle fit un léger sursaut en entendant Lemony finir sa phrase par "vous l'aurez remarqué". Daphné se ressaisit et fit un sourire de circonstance. Je suis née à Londres et je possède la double nationalité. Les DuLaurier possèdent une maison dans le Midi ainsi qu'un luxueux appartement à Paris. Nous aimons passer l'été en France. Certes ! Le raffinement Français est partout sur votre domaine. Votre famille pourrait donner des leçons à beaucoup de personnes. La délicatesse des dorures, les jardins parfaitement arrangés. Tout est d'un goût exquis. Lemony lui tendit un petit pain. La fillette ne peut pas refuser, mais son éducation lui a appris qu'une jeune fille convenable ne doit pas s'empiffrer lors d'une soirée ou d'un Gala. Mais elle ne veut pas offenser le jeune Parlambre. Après tout, manger un petit pain ne peut pas faire de mal. Surtout quand on est une adolescente en pleine croissance. Et comment résister à la bonne odeur. Le contact de cette douce chaleur est réconfortant. Merci. Je dois dire que j'apprécie beaucoup ce genre de petite chose. Pour une fois, elle disait la vérité. La fillette prit soin de prendre aussi une pastille de menthe. Tout avait été bien pensé. Le Gala se poursuit et la fillette espérait pouvoir continuer ce jeu. Elle avait un objectif et comptait bien parvenir à son but. Par moment, elle regardait en direction de sa grand-mère. Daphné savait que celle-ci observait ses moindres gestes. Elle ne devait pas faire de faux pas. Lemony accepta le compliment qu'elle lui adressa, mais lui fît remarquer que c'était certainement son cousin Aurum qui était le plus charismatique. Daphné chercha celui-ci du regard et sourit comme une adolescente qui, en effet, trouvait un jeune homme fort séduisant. Mais c'était Lemony sa proie. La fillette pensait qu'il serait plus facile à amadouer. Elle reporta donc son attention sur le jeune Parlambre. En effet, votre cousin est charismatique. Mais vous avez, enfin... Si j'ose. Elle prit soin de détourner le regard et d'une petite voix. Vous avez un petit quelque chose en plus. Votre prestance, votre naturel, vos manières et votre prévenance font de vous... Elle poussa un petit soupir. C'est vous le plus séduisant des deux. À son tour Lemony lui adressa un compliment, et le rouge lui monta aux joues. Elle savait que tout cela n'était qu'un jeu, mais un compliment, reste un compliment. Vous me faites rougir. Mais j'accepte avec plaisir votre commentaire. Le jeune Parlambre lui demanda si cela la dérangeait de continuer leur conversation en français. Rien ne pouvait lui faire plus plaisir. L'anglais était une langue très agréable à l'oreille, mais le français faisait vibrer son cœur. Bien sûr ! Le français est une langue fort agréable à entendre et à parler. Cela est pour moi une douce mélodie. Là encore, elle disait vrai. [ Aïe ! Il ne va pas dans mon sens. ] En effet, Lemony venait de remettre élégamment Daphné à sa place. Le jeune Parlambre n'avait pas la même vision qu'elle à propos des Elfes de maison. Daphné n'aimait pas qu'on la contredise. Elle eut un petit sourire gêné. Pardonnez-moi ! Je me suis mal exprimé. Vous avez entièrement raison, les Elfes ont d'innombrables qualités et les sorciers ont de la chance de les avoir à leur service. En effet, tisser un lien n'est pas facile et pourtant cela serait agréable. Aller dans le sens de Lemony était comme recevoir une multitude de piqûres. La fillette n'appréciait pas. Elle était loin de se douter que les choses n'allaient pas s'arranger. Quelques phrases plus tard, Daphné se rendit compte de son erreur. Elle avait fait preuve de trop d'empressement en dévoilant ses opinions. Jamais la Matriarche n'aurait fait une telle bêtise qui pourrait coûter cher à sa famille. La fillette perdit de sa superbe. Du coup, un flot d'émotion la submergea. Comment allait-elle faire pour s'en sortir tout en restant digne. Elle sentit le regard de sa grand-mère posé sur elle et vit que celle-ci tapotait sa canne. Ses petits coups secs et rapides étaient bien connus de Daphné, cela voulait dire "Tu me déçois et tu déshonores la famille". Comme elle aurait aimé disparaître, se fondre dans le sol ou s'évaporer dans l'air. Tout sauf devoir affronter la Matriarche. Elle se mordit l'intérieure de la joue droite et se redressa. Toussota légèrement. Puis, elle mit une main contre sa bouche et fit un petit rire. De son autre main, elle frôla le bras de Lemony. Décidément, je ne commets que des impairs. Je réalise combien ma plaisanterie n'était absolument pas drôle et qui plus est, j'ai été offensante. Veuillez me pardonner mon manque de jugeote. Il valait mieux paraître cruche, que de ce faire mal voir par la famille Parlambre. Je vous remercie pour vos remarques et en vérité je ne vois pas comment je pourrais ne pas apprécier les sang-mêlés, Moldus et Cracmols. Vous devez certainement savoir que l'une de mes tantes a épousé un Moldu. D'ailleurs leur fille, ma charmante cousine AmbrosiaLuna, étudie à Poudlard et elle est une très bonne élève. Il me tarde de la retrouver au château. Devoir dire l'inverse de ce qu'elle pensait lui était insupportable. Un haut le cœur monta à ses lèvres. Elle devait se montrer prudente. De loin, la Matriarche étudiait la posture de sa petite-fille. Elle se sentait tellement stupide qu'elle ne savait plus quoi dire à Lemony. Elle vit passer un plateau de jus de fruits, et avec délicatesse, elle prit un verre et en tendit un au jeune Parlambre. Elle espérait l'avoir convaincu. |
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Titre : Re : Un Gala d'ambre et de citron
Créé : 17/02/2025 à 00:09:04 - Modifié : 17/02/2025 à 00:09:46 C'est super amusant ^^
Les rayons du soleil passent à travers les baies vitrées et nimbent les corps d’une lueur dorée et bientôt, la chevelure auburn de Lemony semble prendre feu, auréolant son visage.
Les regards se tournent vers lui, ainsi que cela était prévu. Il rejette très lentement la tête en arrière, les yeux mi-clos. Il fait plus que bon. Tiède, d’une tiédeur qui s’engouffre dans les corps pour les délasser et baisser la garde. Plus qu’une manœuvre politique, c’est une aide pour les enfants, pour éviter qu’ils soient tellement rigides et anxieux à l’idée de livrer un secret de famille qu’au final, ils ne fassent rien d’intéressant de leur Gala.
L’évocation de la France aide Lemony à se relaxer un peu plus. Il n’y a pas passé assez de temps ; contrairement à Daphnée, ni Onyx ni Jade ne possèdent une maison estivale. Ou du moins… elles sont soit louées -il est certain que c’est sa mère qui gère cette partie du patrimoine- soit quasi à l’abandon et en ruines.
Mais il n’en dira rien, bien sûr. Tout est d’un goût exquis », dit Daphnée. Lemony sourit un peu plus. Oui, c’est vrai. Et il le sait. Chaque jour est travaillé pour que le Domaine Parlambre soit exquis. — C’est un endroit où nous trouvons toutes les réponses à nos vies, résume-t-il. Ou presque. Il ne doit pas sous-entendre qu’ils n’ont pas besoin des autres familles, ce serait endommager les égos. Pourtant, pour lui, le Domaine Parlambre est l’autarcie parfaite. Il pourrait se laisser glisser dans cette vie sans jamais en sortir, sans jamais ressentir la moindre claustrophobie. Rêver les yeux mi-clos, comme à présent, se laisser porter par le courant. Et ne jamais vivre complètement. Malgré lui, ses paupières se collent contre ses sourcils. Clic. — A quoi ressemble votre demeure ? s’enquiert-il avec une véritable curiosité. Son coeur bat un peu trop fort dans sa poitrine, quoi que lentement. Les Galas sont simples, si simples… mais il risque de s’y perdre lui-même. ***
Daphnée regarde Aurum, ainsi que Lemony le lui a indiqué ; les deux cousins en profitent pour croiser brièvement leurs regards. Ils se détournent bien vite cependant, de peur d’éclater de rire ou de paraître trop. Ou pas assez. Les Galas sont une histoire d’équilibre. — Vous avez un petit quelque chose en plus. Votre prestance, votre naturel, vos manières et votre prévenance font de vous… C'est vous le plus séduisant des deux. Lemony écarquille des yeux, complètement surpris. Pour le coup, le doux jeu de cour lui a complètement échappé. Oui, ses manières sont contrôlées, fluidifiées mais… personne… jamais… ne lui en a fait compliment. Au contraire. Combien de coups de règles a-t-il reçu sur le bout de ses doigts, sur les os de des poignets ? Sa bouche forme un cercle tandis qu’une exclamation lui échappe : — Oh. Il est censé jouer un peu plus, il le sait, mais qu’est-ce qu’il doit faire, maintenant ? S’il surenchérit, Daphnée ne s’attendra-t-elle pas à une promesse, ou bien en promenade en tête à tête, une cour plus approfondie ? — Vous me faites rougir. Mais j'accepte avec plaisir votre commentaire. En effet, le visage de la jeune fille a pris une couleur coquelicot. Ils sont empêtrés, tous les deux, dans ce jeu de séduction, ce jeu d’adulte qu’ils ne savent pas trop comment arrêter. — Et vous, réplique Lemony, vous me faites perdre mes mots. Il y a quelque chose de rassérénant, à se dire qu’il peut plaire. Malgré ses manières. Qu’il réussit à les détourner suffisamment pour qu’elles deviennent charmantes et innocentes. Alors il tente un peu plus. Il penche la tête sur le côté, avec un petit sourire, moins social, plus doux. Pour voir l’effet qu’il a vraiment sur Daphnée. Et il note intérieurement que donc, son interlocutrice est focalisée sur lui. Visiblement la branche de Jade Parlambre. C’est important. Ainsi qu’ennuyeux s’il le rapporte à ses parents ; Onyx risque fort de rentrer en concurrence. Pour le moment, Lemony décide qu’il évincera ce fait du rapport. ***
Il manque presque la façon dont l’humeur de la discussion change soudain. Daphnée commence à s’excuser et à déblatérer sur les Elfes de Maison, mais d’une façon très étrange. Creuse, presque, comme pour confirmer ce que dit son interlocuteur sans avoir vraiment idée de ce dont elle parle. Est-ce qu’il serait vraiment agréable de tisser un lien avec les Elfes ? Nos deux peuples ne se mélangent guère ; ils ne souhaitent pas ce lien. Nous avons trop d’ascendant sur eux. Leur servitude est trop ancrée, jamais nous ne serions authentiques. Ils pleurent si nous nous montrons trop courtois envers eux. Ô, Morgane, je n’ai jamais supporté cela. Comme si ne pas les frapper était plus qu’ils ne le méritaient. Mais quelle vision ont-ils d’eux-mêmes, et que leur avons-nous fait pour en arriver à cet état entre nos peuples ? La meilleure chose qui pourrait arriver serait que nos deux espèces partent très, très loin l’une de l’autre le temps de cicatriser ! — Les Elfes… sont intéressants, tente Lemony avec maladresse. Non, ça ne fonctionne pas. Ses propres pensées l’effarent, le terrain est glissant, il doit s’en éloigner rapidement. L’enfant secoue légèrement ses doigts, puis lève une main avec un sourire rassurant, balayant d’un geste ferme tout ce qui vient d’être dit. — Assez parlé de nos serviteurs. Ce n’est pas de bon goût, pour les anglais, dit-il avec une pointe d’humour. Nous ne voudrions pas froisser nos homologues. Mais seuls ceux qui ont une double culture peuvent véritablement mesurer à quel point certaines coutumes sont friables entre deux mers. Mais l’émoi de Daphnée est soudain perceptible. Lemony sent qu’elle est mal à l’aise, sans pouvoir ni demander pourquoi, ni en analyser les facteurs. C’est terriblement angoissant pour le petit garçon dont le corps se met à se balancer d’avant en arrière très subtilement. Il cligne des yeux. La tiédeur du soleil lui paraît soudain trop chaude, trop moite. Il se sent angoissé ; il sent une fine pellicule de sueur se former sur sa peau et il déteste ça, le contact entre le riche tissu un peu trop rêche et sa peau pâle. Ses yeux tournoient frénétiquement dans tous les sens pour apercevoir les autres enfants. Emerald. Là, sa sœur, un point d’ancrage… mais un point d’ancrage qui l’ignore et se détache, qui semble fantomatique dans cette cérémonie et absolument pas décidée à jouer le jeu. Aurum qui est très pris par ses propres missions. Et un bruit de fond, des conversations, et un tic-tic-tic-tic-tic très régulier au point où Lemony ne finit par entendre que lui. Les yeux hagards, il en cherche la cause sans parvenir à la trouver, entendant simplement ce tapotement frénétique et anxiogène. Le balancement de son corps augmente. — Lemony, très cher, j’espère que vous n’êtes pas en train d’ignorer votre partenaire. Ce serait un sacré manque de decorum. Mon fils vous entretient bien au moins, Mademoiselle Du Laurier ? Si ç’avait été Jade, elle ne l’aurait pas humilié ainsi, et son Don de Parole aurait apaisé tous les esprits. Mais c’est le père de Lemony qui s’en mêle, sa main qui s’enfonce douloureusement dans son épaule pour forcer ses deux pieds à s’ancrer dans le sol et à lui interdire de bouger comme un dératé. — Ne prenez pas ombrage, Lemony a rarement la chance de voir d’aussi jolies filles. Cela a de quoi intimider n’importe quel jeune homme. C’est tellement ridicule que l’enfant a envie d’éclater de rire. Déjà parce que son père est un homme adulte et que lui, ça lui tord l’estomac d’entendre un adulte parler du physique d’une enfant. Ensuite parce que leur petit jeu de cour a prouvé qu’au contraire, il était très à l’aise. — Je crains que la chaleur me soit montée à la tête, réplique l’enfant en levant le menton, un peu effronté. Navré, Daphnée. Il s’incline doucement et, merci Morgane, cela suffit à faire partir l’homme. La jeune fille n’est pas en meilleur état que lui. Mais ce n’est que lorsqu’elle ouvre enfin la bouche pour se traiter d’imbécile qui a fait une mauvaise blague que Lemony comprend tout l’enjeu des dernières minutes. Elle a eu peur. Elle a perdu le contrôle de la situation, comme lui, et elle a eu peur. Et ce n’est pas parce que sa famille à elle n’est pas directement intervenue qu’elle s’en sort indemne. Lemony prend avec reconnaissance le verre de jus que la jeune fille lui tend et, profitant de son statut de garçon qui n’oblige pas à siroter durant vingt minutes la même substance, en vide la moitié, quoi que de façon élégante. Il prend le temps, tout simplement, de laisser le silence se réinstaller, et boit entre deux battements d’un coeur qui ralentit doucement. — Je vous présente mes excuses, au nom de mon père. Il n’avait pas à intervenir ainsi dans une conversation privée. Savoir qu’il est intervenu parce que Lemony paniquait très visiblement et que l’homme a anticipé qu’il se donne en spectacle est humiliant. Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? Pourquoi toute la pièce est-elle soudain devenue aussi irrespirable, bruyante, douloureuse ? Bien. A présent que la crise est passée, il lui faut régler le plus gros problème. Daphné ne plaisantait pas. Et ils le savent tous les deux. Qu’elle tente de faire passer ses convictions pour une mauvaise blague lui hérisse le poil. Lemony ne supporte pas cette marche arrière. Elle signifie que Daphné est prête à dire n’importe quoi pour lui plaire. A aller dans son sens, quel qu’il soit. A renier ses idéaux, renier qui elle est, pourvu qu’elle puisse rentrer dans ses bonnes grâces. Et ça, l’enfant ne peut le respecter, ni respecter la jeune fille. Il ne peut pas, pour autant, lui tourner le dos. Il a paniqué, mais elle aussi. Ils redoutent tous deux l’esclandre. Elle a son propre fardeau, son propre Héritage à porter et par solidarité, il ne la mettra pas en difficulté. Il n’a aucune idée qu’elle rentre dans la famille Du Laurier méprisée par ses proches. Il termine son verre de jus puis plante son regard dans celui de la jeune sorcière : — Vous ne plaisantiez pas, déclare-t-il. Et vous vous êtes méprise sur mes intentions. Je vous conseillais d’être prudente. Le Gala des Enfants n’écarte aucune famille sous réserve de positions, quelles qu’elles soient. Mais si certains, disons, avec des proches sans magie vous entendaient, vous pourriez vous faire des ennemis avant d’entrer à Poudlard. Et j’en serai peiné. La crise est entièrement passée. Lemony est de nouveau en contrôle, son corps presque immobile, ses paroles fermes, en français, se fondant aisément dans la masse des conversations. Il y a juste ce clignement des yeux un peu irrégulier qui trahit sa confusion. Que Daphné ait voulu jouer la carte de la plaisanterie, il le comprend, bien qu’il désapprouve. En revanche, tout le reste de sa tirade ne fait aucun sens pour l’Héritier Parlambre. Il voit très bien pourquoi elle ne supporte pas les nés-moldus, les Cracmols, les sangs-mêlés, il a appris pourquoi. Quant à sa cousine et à leurs liens… il sent qu’une histoire de famille est arrivée dans la conversation. Mais pour l’instant, il préfère rester prudent et laisser la parole à la jeune fille. S’il le faut, il lui rappellera que les Parlambre sont alignés aux Puristes Traditionnalistes. Simplement avec plus de jugeote que la plupart. |
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Titre : Re : Un Gala d'ambre et de citron
Créé : 22/02/2025 à 16:33:34 - Modifié : 23/02/2025 à 15:03:28 J'adore ton style d'écriture ^^
Que faisait-elle là ? Que voulait-elle exactement ? Daphné se sentait oppressée, écrasée par le regard d'aigle de la Matriarche. La fillette qui quelques heures auparavant se réjouissait d'assister au Gala de la famille Parlambre, rêvait de fuir. Sa famille lui en demandait beaucoup. Elle n'avait que onze ans après tout. Elle eut envie de tutoyer Lemony et de lui proposer d'aller jouer dans le jardin, comme n'importe quel adolescent de leur âge. Et cette robe et cette coiffure qui auraient plus convenu à une jeune fille de dix-sept ans. Pourquoi ne pouvait-elle pas être elle ? L'honneur de la famille. Ses mots résonneraient dans sa tête. Toujours être digne, toujours faire honneur à son nom, à ses ancêtres et à son sang. Daphné, tout comme son frère Peter, n'étaient pas nés pour avoir la vie qu'ils souhaitaient, mais pour accroître la grandeur des DuLaurier. Elle se devait de garder cela à l'esprit. La fillette revint à la réalité de l'instant en entendant Lemony dire "C’est un endroit où nous trouvons toutes les réponses à nos vies, ou presque." [ Que veut-il dire ? Ressaisie-toi ! Concentre-toi sur la conversation. ] Daphné fit un léger mouvement pour redresser sa posture. Elle adressa un grand sourire au jeune garçon. Il venait de lui demander à quoi ressemblait sa demeure. Mes parents, mon frère et moi vivons dans ce que l'on appelle une demeure de maître. Celle-ci est entourée d'un grand parc avec des arbres plus que centenaires, et on peut aussi se perdre dans un labyrinthe au centre duquel trône une statue de dragon. La vie y est paisible et très agréable. Mais le Manoir de mes grands-parents est impressionnant. Son architecture est un mélange de plusieurs styles. Chaque héritier de la demeure l'a agrandi et enrichie de tours et autres bâtiments, ce qui fait que le Manoir a une atmosphère mystérieuse et fascinante. J'aime beaucoup cet endroit, car il me semble à chaque fois différent. Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire. Alors qu'elle décrivait le Manoir, son regard s'était comme illuminé. Elle revoyait le majestueux perron de l'entrée principale avec de part et d'autre des statues de dragon. Cette créature était présente un peu partout. Elle se vit assise vers l'étang à l'ombre des arbres. Et comment décrire le jardin d'hiver ou les parterres de roses, chers à son grand-père. Disons que j'ai beaucoup de chance. Je sais que mon père a déjà des projets, lorsque à son tour il héritera du Manoir. Peut-être qu'un jour moi aussi je pourrai y laisser mon empreinte. Même si cela est fort probable, je ne suis que la deuxième de la famille. Dit-elle avec un regard rêveur et un discret sourire. [ Sauf si je fais un meilleur mariage que mon frère ] Garda t-elle pour elle. Puis les deux adolescents se mirent à échanger des compliments. Jeux de stratégie qui n'étaient pas réellement de leur âge. Daphné n'était pas vraiment à son aise, mais elle faisait son possible pour le cacher. La Matriarche ne quittait pas sa petite-fille du regard. Comme si l'avenir de la famille se jouait à ce Gala. Le poids de cette responsabilité se faisait de plus en plus lourd sur les épaules de la fillette. Daphné commettait erreur sur erreur. [ Réfléchis un peu. Tu as un cerveau et une éducation, alors sert-en ! ] Elle écoutait attentivement Lemony. Ses paroles étaient posées et calmes. Le jeune garçon maîtrisait la conversation. Il devint aux yeux de la fillette, comme un modèle. Son aisance était remarquable. Pourquoi ne parvenait-elle pas à être ainsi ? Les propos du jeune Parlambre la mettaient en confiance et la rassuraient. Lemony savait analyser les choses et surtout avait la capacité de formuler les choses sans froisser personne. Elle regarda le jeune garçon avec admiration, tout en lui enviant son éloquence. Vous avez tout à fait raison. Daphné faisait son possible pour maintenir une posture digne de son rang. Mais elle avait conscience que Lemony avait dû remarquer son trouble. Comment ne l'aurait-il pas remarqué, il était évident que la fillette ne voyait pas comment sortir de ses gaffes. Si au moins la Matriarche arrêtait de tapoter sa canne, cela serait moins stressant pour elle. Le père de Lemony venait de s'immiscer dans leur conversation. Cette démarche dérangea Daphné. Comment l'interpréter ? La jeune fille sourit poliment et fit une légère révérence comme la Matriarche lui avait appris. Furtivement elle adressa un regard au jeune garçon puis reporta son attention sur monsieur Parlambre. Bonjour Monsieur Parlambre. Je remercie votre famille de m'avoir convié à ce Gala. Cela est fort enrichissant de pouvoir côtoyer tant de personnes et je vous rassure, Lemony est un hôte parfait. Je pense que je créais certaine jalousie auprès des autres jeunes filles. Dit-elle en balayant du regard la salle. La conversation de votre fils est absolument remarquable et il fait preuve d'une grande galanterie à mon égard. Je passe un excellent moment en sa compagnie. Mais je ne vous apprends rien. Vous connaissez les qualités de votre fils. Dit-elle en insistant sur le mot qualité. Jamais la Matriarche n'aurait oser intervenir ainsi. Daphné avait de la peine pour Lemony, mais elle trouva le jeune garçon très courageux. Vous n'avez pas à vous excuser. Il est probable que si mon père avait assisté au Gala, il serait aussi venu vous voir. Sinon, c'est vrai qu'il fait chaud. Dit-elle en souriant. En réalité son père ne serait certainement pas intervenu. Il aurait plutôt agi comme la Matriarche, scruter de loin et bouillir intérieurement en voyant les erreurs de sa progéniture. Daphné se doutait que le retour au Manoir n'allait pas être de tout repos pour elle. Sa grand-mère allait se faire une joie de la réprimander. Après avoir fini son verre, Lemony parla avec franchise à la fillette. Il avait compris qu'elle n'avait pas fait de plaisanterie. Elle devait être prudente dans ses propos. La prévenance du jeune Parlambre faillit la faire fondre en larmes. Il aurait pu se détourner d'elle et lui infliger une sévère humiliation, mais au lieu de ça, il lui donnait un conseil des plus avisé. Elle se mordit la lèvre inférieure et déglutit. Je… Elle se racla la gorge. Je vous remercie infiniment. Vous êtes… Elle se pinça discrètement. Ne pas pleurer, ne pas s'effondrer devant toutes ces personnes. Je vous remercie de votre prévenance. Je n'en ai pas l'habitude. Peut-être, pourriez-vous m'aider ? Peut-être pourrions-nous nous aider mutuellement ? Ce que je veux dire. Elle se mordit de nouveau la lèvre. J'ai envie d'être moi, mais comme vous l'avez constaté, je me perds dans les codes. J'admire, votre capacité à vous adapter et à rester maître de vos émotions. Pourriez-vous m'aider dans ce sens ? Quant à l'aide que je pourrais vous apporter, seul vous pouvez le dire. Daphné avait lâché prise. Lemony pouvait être un réel atout pour elle, mais la fillette avait compris que ce n'était pas en jouant un rôle, que le jeune garçon s'allierait à ses côtés. Sa stratégie avait été mauvaise. Elle avait eu tout faux. La Matriarche était très douée dans la manipulation, ce qui n'était pas le cas de Daphné. Elle espérait que Lemony lui accorde une seconde chance, mais elle savait que c'était rare. |
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Titre : Re : Un Gala d'ambre et de citron
Créé : 07/03/2025 à 00:44:38 Merci <3 J'aime beaucoup te lire aussi !
L’ouïe fine de Lemony est un grand atout lorsqu’il s’agit d’espionner Jade et Onyx ou d’écouter des conversations à l’autre bout de la pièce sans que personne ne s’en aperçoive. Le revers, c’est que les sons très forts agressent ses oreilles et qu’à la fin des Galas ou des visites dans le Monde Moldu -Morgane, qu’il est bruyant, avec les vibrations des moteurs et la musique différente dans chaque magasin, parfois en pleine rue- il est épuisé.
Concentré sur Daphnée, l’enfant a pu ignorer le brouhaha, mais un bruit régulier commence à lui marteler le crâne, et il a de plus en plus de mal à l’ignorer. Cela entame sa concentration, bien qu’il s’efforce de demeurer entièrement avec Daphnée. C’est le devoir d’un hôte après tout : faire en sorte que chacun de ceux à qui il adresse la parole se sentent accordés une attention spéciale et exceptionnelle tout du long de sa présence. Pour autant, il commence à cligner des yeux de plus en plus rapidement, tentant d’endiguer la sensation désagréable. Daphnée est déconcentrée, elle aussi. Il lui faut un peu trop de temps pour réagir à sa question concernant les demeures Du Laurier. Personne n’en prendra ombrage. Il s’agit du principe du Gala des enfants : accepter les erreurs car nous ne sommes pas adultes et ne pouvons contrôler aussi bien nos attitudes. Quartz n’a pas dix ans, comment pourrait-il tenir trois heures sans oublier certaines règles ni fatiguer ? Il écoute avec grand intérêt la description du Manoir, satisfait du bonheur qu’en parler apporte à la jeune fille. Ils sont semblables dans leur amour pour leur Maison et l’Histoire de leur famille, il le remarque. — Je crains de ne pas saisir, admet Lemoy. Le Domaine Parlambre est très étendu et je sais qu’il est des mystères que je n’ai pas encore percés, néanmoins chaque pavillon a son atmosphère propre… et immuable. Le Manoir de vos grand-parents semble posséder une magie accueillante et unique qui me rend extrêmement curieux, je dois l’admettre. Quant à un labyrinthe… sur les douze jardins différents du Domaine, pas un n’existe, pouvez-vous le croire ? Pourtant, me promener et me perdre parmi des haies parfaitement taillées est un rêve agréable. La confidence concernant les jardins (car si le Manoir accueille les Galas, rares sont les invités ayant accès aux autres pavillons, donc aux promenades) est inoffensive, mais assez complice pour que Daphné se sente flattée de la recevoir. Du reste, si Lemony est véritablement curieux de la façon dont un manoir peut sembler différent à chaque visite, c’est également une ouverture à la jeune fille, un prétexte dont elle pourra se servir si elle désire l’inviter et poursuivre une alliance. Lemony est doué. Il fatigue, bien sûr, car son cerveau est presque plus focalisé sur la stratégie que sur l’instant agréable qu’il est en train de passer. Ca lui déplaît. Il ne peut jamais être lui-même bien sûr, mais son regard se pose sur la fenêtre et il se demande ce que cela ferait de simplement oublier ses obligations et profiter du jardin avec Daphné, s’ils s’apprécieraient, ce qu’ils découvriraient de l’autre. L’enfant n’a aucune idée du fait que des pensées similaires traversent son interlocutrice. Les paroles de Daphné concernant le fait d’être la cadette amènent Lemony dans des souvenirs qu’il n’a pas envie de remuer. Il a l’air d’avoir mordu dans un citron, et la jeune fille aura du mal à le manquer. Tant d’heures passées à s’interroger sur son prénom et sa signification. Tant de tourments, de larmes refoulées et de difficulté à créer une estime de lui-même, parce que son prénom n’est pas celui d’une pierre. Comme si ses parents avaient su dès sa naissance qu’il était… ou qu’il serait. C’est son enfance, une enfance dorée où sa mère le cajolait plus qu’aucun Parlambre ne semble l’avoir été, et où Lemony souffrait en se posant mille questions. Jusqu’au jour où il a été nommé Héritier. La confusion ressentie ne s’est jamais dissipée. Il a du mal à retrouver le sourire, alors il laisse juste ses émotions glisser et se mettre à distance, sa voix devenir un peu atone. Il se met en sécurité avec une adresse liée à l’habitude. — Bien des choses peuvent changer, jusqu’à votre majorité. J’imagine que ma nomination au poste d’Héritier à mes sept ans est encore source de questions et rumeurs. Peut-être la question plus importante est-elle : quelle place préférez-vous ? Aurum sera un très bon Héritier. Parfois, Jade tente de distiller la compétition entre les deux frères, s’amuse à demander à Onyx s’il est certain que Quartz n’est pas un meilleur choix. Elle aime à suggérer que garder le plus jeune Parlambre sur le Domaine est fait pour lui tracer la voix d’Héritier, humble et sage, quand Aurum aura fini d’engloutir ses privilèges. Jade et Onyx savent se blesser mutuellement mieux que quiconque. Parfois Lemony, les yeux rivés sur ses cousins, est écœuré des commentaires des adultes les concernant. Des commentaires d’adultes alors qu’ils ne sont que des enfants. Il oublie un peu, Lemony, qu’il n’a qu’un an de plus qu’eux, que son indignation devrait impliquer sa personne également. ***
Le tapotement vrille les nerfs de Lemony. Et Daphné doit l’entendre aussi, parce qu’elle jette des coups d’oeil dans la direction du son.
Les adultes, postés comme des gardes, veillent sur leur progéniture et repèrent la moindre erreur. L’enfant suppose qu’ils auront droit à un récit détaillé de là où ils ont échoué. Et qu’ils devront rendre un rapport de chaque personne avec qui ils ont conversé. Et peut-être que certains ont passé un bon moment et noué des liens, échangé des confidences qu’ils seront forcés de trahir, à moins qu’ils ne les passent sous silence. La ligne des adultes semblable aux vautours est intéressante, en ce qu’elle met en lumière qui surveille les gestes, et donc quelles familles ont comme principal objectif d’intégrer le cercle social des Parlambre. Il est certain que les parents de Lemony ont parfaitement noté leur identité. Parce qu’il y a des adultes, plus confiants, qui sont là pour que leurs enfants sociabilisent ou considèrent que c’est avant tout une occasion pour eux de s’amuser, qui ont préféré rester dehors ou bien se sont regroupés dans le solarium. Ils vont et viennent, s’assurent que tout va bien, repartent. Le regard de Lemony suit celui de Daphné, bien qu’il ne sache pas exactement qui veille sur elle. Au stress de la jeune sorcière, il sait dans quelle catégorie se trouvent les Du Laurier. La présence de son père est pesante. Il serre les dents pour ne pas grimacer ; ses ongles s’enfoncent dans la chair de ses mains tandis qu’il évite de répliquer. Il garde tant bien que mal une expression neutre, ce qui s’avère d’autant plus difficile que Daphné est dérangée par l’homme et que c’est une chose dont il ne lui tiendra pas rigueur. Pourquoi ne ressens-je que colère à son égard, plutôt qu’embarras ? Sa présence creuse un trou dans mon ventre. Je ne ressens jamais cela avec Jade. Ni même avec Onyx. Oh, Morgane– Ah, Daphné est plus proactive que je ne le pensais, et capable de s’opposer aux autres, si influents soient-ils. Si Lemony est soulagé de pouvoir éloigner ses pensées de la relation entre Jade et Onyx, il est également impressionné par la jeune fille. Elle aurait pu aller dans le sens de l’adulte, qui est l’hôte et l’organisateur de la réception, soit probablement la personne la plus influente de la pièce en dehors de Jade, ou bien simplement assurer qu’elle passait un bon moment. Mais elle a choisi de tenir tête et de défendre Lemony, à qui elle ne doit aucune loyauté. Elle manie le passif-agressif admirablement, et avec un calme que le garçon ne peut que lui envier. Mais on n’épouse pas Jade Parlambre sans avoir le goût du pouvoir, et avec un faible tolérance à se faire rappeler à l’ordre. S’il ne possède pas le Don de son épouse, l’homme manie les mots et les sourire, et il ressemble soudain à un requin tandis qu’il se tourne vers la jeune Du Laurier. — Je connais en effet les… qualités de mon fils. Je suis ravi que vous passiez un excellent moment, Mademoiselle Du Laurier… quoi que j’espère que ce soit de par la galanterie et le charme de Lemony plutôt que pour les, ah, goûts communs que vous pourriez avoir. Le ton est aussi froid que ses yeux. Le sourire est cruel. Et il s’écoute trop longtemps avant qu’il n’achève : — Les ragots, après tout, sont indignes d’un jeune homme. C’est à la fois une manœuvre d’intimidation pure et dure (« Je sais qui vous êtes et je rapporterai votre impertinence à vos aînés »), une menace (« Vous pourriez être ostracisée »)… et une moquerie. Tous les Parlambre savent ce qu’est Lemony. Et chacun d’entre eux à son opinion. Son père le méprise et n’attend qu’une chose : qu’être Héritier modifie cela, par quelque moyen que ce soit. Chaque pique à ce sujet plonge d’ordinaire Lemony dans un état second, mais la rage le porte cette fois. — Mais très utiles lorsqu’ils proviennent de leurs épouses, n’est-ce pas ? sourit-il. Lorsque son père repart, il sonde Daphné pour vérifier que l’allusion ne l’a pas atteinte. Il doit se dépêtrer de là à présent. Il s’avère cependant que cette confrontation était une erreur de la part de l’adulte ; Jade prendra parti pour leur fils. La jeune fille lui assure que son père également serait intervenu, mais il ignore s’il peut la croire. En revanche, il refuse de la laisser paniquer à l’idée d’avoir ruiné son avenir en répondant à l’hôte. Il saisit sa main avec douceur, et laisse s’épanouir sur ses lèvres le sourire le plus affectueux qu’il puisse créer. Oui, il s’agit d’un jeu de cour pour lequel ils sont trop jeunes, et qui est inoffensif. Pour autant, c’est un appui pour l’enfant, un appui dont il a besoin pour que son interlocutrice imagine que Lemony aime simplement échanger des potins. Son pouce caresse doucement le dessus de la main. — N’ayez crainte, Daphné. Lorsque je m’éclipserai un moment, j’irai trouver ma mère. Elle saura apprécier votre cran. Et empêchera que son époux tente de se venger d’une enfant de dix ans. C’est d’un ridicule tel que Lemony se demande ce qui ne tourne pas rond chez les adultes. Et peut-être notamment les adultes Sang-Purs. Exiger obéissance et respect, aucun dérapage, et dans le même temps, attendre de leur progéniture répartie, intelligence et vivacité d’esprit ? Lemony n’a jamais respecté une personne qu’il vient de rencontrer. Il attend qu’elle gagne son respect. Toute adulte qu’elle soit. Cela lui a causé des ennuis par le passé, pourtant il demeure persuadé qu’il a raison. L’on ne peut attendre de lui un respect aveugle sur un critère aussi arbitraire que l’âge, alors que chaque être humain est différent. ***
Lemony ignore ce à quoi il s’attend après avoir signalé à Daphné qu’il n’est pas un imbécile et que ses opinions sont ostensibles. Etant donné le ton de leur conversation, peut-être à de la négociation, une expression hautaine et indignée pour dissimuler sa mortification, une manœuvre politique pour se rattraper… Lemony ignore ce à quoi il s’attend, mais ce n’est certainement pas aux larmes refoulées ni aux excuses. Encore moins à des remerciements. Disons que Daphné ne semble pas être une personne qui va assumer ses erreurs ; il pense plutôt qu’elle préfère tenter de les justifier, ou se terrer derrière un talus de mauvaise foi et de « de toutes façons, j’ai raison et les autres sont des idiots. » Ce qui est dérangeant, c’est que ça ressemble un peu trop au portrait qu’Emerald peut faire de lui dans leurs moments les plus glacials. Plus elle parle, plus il reste coi. Elle a une haute opinion de lui. Elle le voit bien meilleur qu’il ne l’est. Il est doué pour les Galas, oui. Mais au quotidien ses manières glissent, ses poignets et chevilles s’agitent, son arrogance lui vaut d’être puni par les Précepteurs. Rien que les dernières minutes ont prouvé qu’il n’est pas un excellent héritier, peut-être pas même un bon. L’angoisse qui lui a serré le coeur, le balancement obligeant son père à intervenir, les lumières et le bruit qui semblaient exploser autour de lui… Daphné lui propose de l’aider, mais que peut-elle faire lorsque c’est le corps de Lemony qui est en cause et que même lui n’a aucun contrôle sur ses ressentis ? Il y a autre chose. Lemony est un Parlambre, il est convoité. Il doit se méfier. Il n’est pas certain que Daphné soit en train de jouer un rôle, là tout de suite, ou disons pas plus que les autres. Mais au cas où… elle a jeté son dévolu sur lui. Si son but est d’infiltrer les Parlambre, un échange d’aide est une extraordinaire opportunité. Lemony reste silencieux trop longtemps. Il regarde Daphné, évalue son attitude, cherche quelque malice, quelque indice que sa reddition soudaine est intéressée. Il décide de partir du principe que non, qu’elle est sincère. Mais de s’appuyer sur Jade pour vérifier qu’il ne commet pas une énorme erreur. La lassitude s’abat sur l’enfant comme une chape de plomb. Toutes les interactions ont toujours plusieurs niveau de lecture. Il ne peut se fier à personne d’autre qu’à sa famille, et là encore il n’est pas certain qu’ils ne chercheront pas à le blesser. En conséquence, il est seul. Chacun est seul, sauf peut-être ses cousins qui fonctionnent à deux. Daphné est seule également. La perspective de Poudlard lui paraît plus intéressante, soudain. Il sait que sa sœur y a noué des amitiés, et pouvoir s’appuyer sur quelqu’un, partager ses ressentis honnêtes, apparaît comme une réponse à la mélancolie qui l’enrobe depuis toujours. — Vous me voyez bien meilleur que je ne le suis, soupire-t-il avec un sourire las et triste. Même si. « Je vous remercie de votre prévenance. Je n'en ai pas l'habitude. » Il y a beaucoup à redire sur la famille dysfonctionnelle que forment les Parlambre, mais Lemony a toujours pu se réfugier dans les bras de Jade en cas de chagrin ou d’erreur. Souvent littéralement. Lorsqu’il tombait, elle l’aidait à se relever et le soignait. En cas de cauchemars, elle venait le rassurer. Lors de ses plus grosses bêtises, elle l’a entouré et fait en sorte qu’il garde une estime de lui-même correcte. Quelque chose lui souffle que Daphné n’a pas eu cette chance. L’estomac de Lemony se retourne de façon désagréable. Il tente d’inspirer profondément, réfléchissant avec soin à ses prochaines paroles. — Je suis désolé. Personne ne devrait avoir l’impression qu’il n’a pas le droit à l’erreur. Je– Ce que vous appelez prévenance est simplement pour moi le respect et la bienveillance auquel chacun a droit. C’est étrange que de se faire apprécier pour être simplement un être humain décent. Lemony tente de chasser de son esprit toutes ces fois où ses pairs adultes se sont montrés cruels, avides de voir l’autre échouer, inflexibles par pur plaisir. Cela forme un tableau de l’aristocratie qu’il n’apprécie guère. [ Même si les mauvaises personnes existent, elles ne sont pas en majorité. Les Sang-Pur ont le devoir de veiller sur le Monde Magique, comment pourrions-nous faire cela sans bienveillance, sans prévenance comme le formule Daphné ? Nous devons tout mettre en œuvre pour que chacun se sente respecté et en sécurité. J’ignore pourquoi certains sont cruels, mais je les méprise. Ils sont des rebus, pas des aristocrates. Reportant son attention sur la jeune fille, qui doit attendre anxieusement la réponse à sa proposition d’entraide, le sorcier tente de mettre de l’ordre dans toutes ses réflexions. — Je n’ai rien contre un contrat tacite d’entraide, dit-il avec douceur car sa priorité est d’apaiser l’angoisse que peut ressentir son interlocutrice qui s’est mise à nu. Voudriez-vous que ce soit sous le sceau du secret ? Je puis partager avec vous les leçons qui m’ont été données, je puis vous donner des conseils. << Vous savez déjà que ce sera épuisant, n’est-ce pas ? Le travail de lisibilité d’une situation et des enjeux sur plusieurs niveaux est constant et ne s’arrête que quand nous sommes hors de portée des autres. << Ceci étant, quelque chose m’intrigue Daphné. Vous assurez vouloir être vous même et pour cela avoir besoin de mieux comprendre les codes… mais il s’agit d’un paradoxe. Ces codes permettent de dissimuler nos faiblesses tout en permettant à nos Familles de proliférer ; vous devrez lisser certaines opinions, parfois courber l’échine, quelle que soit votre véritable nature, pour le bien des Du Laurier. Je crains que personne ici n’agisse… ouvertement. >> Comprend-elle ce qu’il tente de lui dire ? Si ce que Daphné veut c’est être libre, alors elle doit se soustraire à l’emprise de sa famille et renoncer à son héritage, à ses privilèges. Être soi-même est un luxe qui n’est possible qu’une heure par jour, dans l’intimité de sa chambre. Être soi-même est un luxe que Lemony n’a pas. — Si ce que vous voulez dire est… pouvoir être plus honnête et donc affirmer vos opinions sans outrer personne, je puis aider également. Mais… Je ne sais pas comment vous pourriez m’aider. Ce n’est pas que je n’en ai pas besoin, c’est que certaines choses sont hors de portée. Et d’autres… D’autres peuvent le mettre en danger si leur alliance venait à se terminer et qu’elle révélait ce qu’elle a appris de lui aux Sang-Purs. Cette offre d’aide, il serait stupide de la refuser. Il y a tant qui pourrait être amélioré, mais Daphné peut difficilement faire en sorte qu’un sorcier adulte soit jugé pour coups et blessures sur enfant. Il s’agit de son Précepteur après tout, à qui ses parents ont délégué son éducation. Il ne peut pas lui demander de servir de couverture amoureuse, ils sont bien trop jeunes. Quoi que cela permettrait de limiter l’emprise de son père sur lui. S’il considère de nouveau Lemony comme valable et fort, l’enfant pourra avoir plus de contrôle sur son futur. La troisième possibilité est de lui demander un soutien public inconditionnel. Nul ne peut l’empêcher d’avoir ses crises, mais Daphné pourrait se charger de dissiper les rumeurs ou de distraire les foules le temps qu’il se reprenne. — J’ai besoin d’un appui, admet-il. Qu’accepteriez vous, ou non, de faire ? |
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